LA GRANDE ESCAPADE - 1953- Chapitre 04
Si vous n'avez pas lus depuis le début vous pouvez reprendre le sens de cette histoire "Réelle" en cliquant
sur "La Grande escapade " dans mes catégories . Et vous rappeler l'esprit d'alors bien différent de notre époque .
Sur une écluse en réparation, a moins de cent mètres de la route, des jeunes m'applaudissent et crient "Vas y Bobet" . Je ris et prend une photo de la scène . Ensuite la route
, bien droite et sans côte , facilite une progression facile et sans a coup . A midi j'ai quatre vingt kilomètres au compteur. Repas froid , mais arrosé d'un bon café que m'offre le patron du bar
a coté duquel je me suis arrêté . C'est pas le dé a coudre parisien mais une bonne grosse tasse. Je ne suis pas dupe c'est la curiosité d'un monsieur bien sympathique qui ignorait pratiquement
tout du cyclotourisme . Inspection admirative du matériel et je repart avec une bonne part d'un gâteau local pour ce soir . Je suis stupéfait de voir que les gens en campagne prennent le
cyclotourisme comme un exploit . S'ils savaient que pour moi c'est presque une promenade de santé .
Ce soir c'est fait ! Cent soixante kilomètres au compteur . C'est bien et après cela un bon repas terminé par le gâteau du cafetier . Très bon mais c'est du solide , on rigole
pas à la campagne . Vite au lit et les grenouilles dans une mare proche me chantent leur sérénade pour m'endormir .
TROISIEME JOUR .
Réveil a l'aube, le soleil se lève a peine à l'est , la-bas au dessus des marais . Petit déjeuner copieux et préparation des sandwichs pour la route car je vais manger en
roulant . Un jeune curieux arrive de la ferme et me demande comment je fais pour rouler avec un tel chargement . Je lui fait voir la particularité de mes pneumatiques qui sont des "
pointe-diamant" ne portant sur la route que par une bande de gomme dure de moins d'un centimètre et demi . Bien entendu ils exigent un gonflage a bloc . Il est évident que je dois avoir le sens
de l'équilibre et un arrimage parfait . Les chutes sous la pluie avec ce type de pneumatiques sont fréquentes pour des cyclistes peu entraînés . Dans mon village je suis le seul a les utiliser .
Ce soir je descend dans une petite auberge dont dépend le terrain ou j'ai monté ma "guitoune" .
Je fraternise avec un marin et un bidasse de mon âge Un gars du coin me lance un défi , les parisiens parait -il ne savent pas boire la gnole . Banco chacun la moitié d'un
grand verre de ce breuvage à plus de 70 ° d'alcool . Mon brave paysan rigole , moque le parisien, esquisse un pas de danse et ...... s'écroule avant la fin du verre . Moi je bois lentement sans a
coup , sans trop respirer au dessus du verre , sachant pertinemment que les vapeurs d'alcool soûle plus que l'alcool elle même .
Vexé mon défieur , sort en titubant sous les quolibets des autres .
Pour moi la soupe de l'aubergiste arrive a point , servie par une gentille
jeune femme au corsage bien échancré . Ce soir j'ai cent quarante kilomètres au compteur , c'est très bien mais on évitera un entretien intime sous la tente . Comme cette accorte servante
semblait proposer .
Elles vont me tuer. C'est Morphée qui m'attend .
QUATRIEME JOUR .
Ce matin aucun souvenir alcoolisé , frais comme un gardon je repart sur les routes de France ....de France ou de Navarre , comme dit la chanson . Parfois je sens la mer proche,
a moins de 15 kilomètres par moment . Mais bientôt le paysage va changer car je vais rentrer dans le vignoble bordelais .
Midi , pour une fois je m'arrête à l'ombre d'un lavoir . Des jeunes filles du pays viennent voir le drôle de cycliste que je suis a leur yeux elles sont très coquettes mais pas vraiment " a
la mode " comme disent nos parisiennes.
Elles rient et nous bavardons avec humour .
L'une d'elles ose même venir m'embrasser et comme je suis assis sur la margelle basse , elle se penche et son corsage , pas très sage , s'ouvre devant mes yeux admiratifs .
Comme elle ne porte pas de soutiens-gorge ses juvéniles petits tétons semblent vouloir s'échapper . Elle s'aperçoit de mon émoi et part d'un grand éclat de rire . C'est bête me dit-elle je prend
le car dans dix minutes pour rejoindre mes parents a Bordeaux . Elle s'assoit sur le
mes genoux , me prend par le cou en n'oubliant pas de glisser ma main dans son corsage a l'abri du regard des copines, m'embrasse longuement sur la bouche et se sauve , en courant et en riant ,
prendre son car qui arrive .
Je demande aux autres son âge . Treize ans !
Elle promet et de plus elle est superbe et fait facilement dix huit ans .
Allez Jean remet toi , reprend la route et n'y pense plus . Adieu jolies filles . Je rentre dans un gros bourg et à l'épicerie je refait le plein de victuailles . Les
émotions ça creuse !
Un brave curé remarquant mon uniforme scoute m'arrête et me fait donner par sa bonne un bon pâté de canard pour ce soir . Je continue avec sa bénédiction , c'est la journée du
Bon Dieu .
( a suivre)
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Publié dans : LA GRANDE ESCAPADE
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Dimanche 16 décembre 2007
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11:00
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