Les échos de la taverne (suite et fin ......pour aujourd'hui )
A ce moment Franco rentre avec son copain Marco , la péninsule ibérique et la botte , associées . Comme a sa mauvaise habitude , Marco met une
claque sur le fessier de Marguerite qui s'exclame :
- hé , gros cochon , laisse mes avantages tranquille , on n'est pas en Italie ici
Et tout cela se termine par de grands éclats de rire . Qui dit que la France est triste ? Surtout quand elle est multiple comme dans la Taverne , quelle ambiance , le ciel n'est pas prêt de nous
tomber sur la tête .
Balsy en essuyant quelques verres :
- non , Mathu , je n'étais pas un grand guerrier , le major qui a découvert mon handicap m'a copieusement engueulé car m'a-t-il dit " sous la charge de ton SCR300 par exemple , sur une longue
marche dans le djebel , tu peux tomber sans pouvoir te relever" avec des explications techniques que je n'ai pas toute comprises . J'étais partis pour le sport , pour sauter en parachute , pour
18 mois , nous en avons fait 32 . Par contre j'ai un nombre de sauts impressionnant pour un appelé de cette époque . Sauts de nuit, sauts de jour , sauts de mer , "entraînement" aux sauts OPS (
opérationnel ) saut avec le leg-bags
qui contenait mon poste radio , j'étais aux premières loges par mon affectation au services aérien du Centre d'Entraînement au Saut (CES puis BAP/AFN ) , j'étais devenu ce qu'on appelait " un
morpion de carlingue " .
Mais je n'oublierai jamais mes copains qui crapahutaient dans le djebel , ceux qui sont morts pour l'idéal que nous avions a l'époque .
- pourquoi vous aviez deux rubans noirs a votre béret demande Marco
- quand tu est un "bleu" ton sergent te raconte qu'un des rubans c'est pour tes frères tombés a Arnhem et tous ceux qui sont morts et l'autre pour ceux qui vont mourir . Contrairement a ce que
disent a tous les tordus qui crachent sur les paras , mon vieux Marco , l'arme parachutiste est une école de courage , de volonté, de tradition et d'honneur . Nous avions la chance d'avoir pour
instructeurs , des sergents (l'ossature de l'armée Française) qui revenaient d'Indo . Des types formidables que nous aurions suivi partout .
- alors tu es militariste Balsy disent Mathu et Franco
- mais non bande de ploucs , j'avais vingt ans , j'ai aimé cette terre Algérienne et j'ai aimé une de ses filles a la folie .....
Sydney se mêlant de ce qui ne le regarde pas :
- mais les frenchies , vous l'avez perdu cette guerre !
- non , Sydney , militairement non , mais c'est la politique et la pression de ton gouvernement de l'époque et des russes qui ont eu raison de la décision du grand Charles . En
disant cela je penses a mes amis pied-noirs , à Charley et tant d'autres . Et je me souviens que mes collègues de bureau m'ont regardé d'un air méfiant quand on a voulu armé les civils à Paris
pour contrer les paras qui devaient venir "prendre" Paris , le gouvernement et l'Assemblée nationale , j'ai dit " je ne tirerais pas sur mes frères " .....ils n'ont pas compris . Pour
beaucoup de ces gens , les pieds noirs étaient des étrangers qui venaient prendre leur place . Comment ne pouvaient-ils pas comprendre le désarroi de nos concitoyens venant de l'autre coté
de la Méditerranée , Français comme eux .
- mais ils ont fait suer le burnous s'écria Marguerite .......
- Margot c'est maintenant que les arabes vont en baver lui dit Abdel ,l'ancien de la 2emeD.B , pourquoi crois-tu que je ne suis pas retourner chez moi , la bas a Oran ? Et tout ceux qui sont
morts assassinés pour avoir cru en la France ..... les harkis et les gens de l'OAS dans leur combat désespérer . Ces gens la sont morts pour la terre qui les avait vu naître . Pour un idéal , une
certaine idée de l'honneur . La France avait promis.........
Abdel se tait , regarde Balsy , il y a une sorte de connivence dans leur regard , les pensées du gaulois et du berbère se rejoignent et vont vers ce pays qu'ils aiment encore
.
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Publié dans : ALGERIE 1954/56
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Jeudi 27 septembre 2007
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